Appel

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Pour un mouvement Slow Science

 

Chercheurs, enseignants-chercheurs, hâtons-nous de ralentir ! Libérons-nous du syndrome de la Reine Rouge ! Cessons de vouloir courir toujours plus vite pour, finalement, faire du surplace, quand ce n’est pas de la marche arrière ! À l’instar des mouvements Slow Food, Slow City ou Slow Travel, nous appelons à créer le mouvement Slow Science.

Chercher, réfléchir, lire, écrire, enseigner demande du temps. Ce temps, nous ne l’avons plus, ou de moins en moins. Nos institutions et, bien au-delà, la pression sociétale promeuvent une culture de l’immédiateté, de l’urgence, du temps réel, des flux tendus, des projets qui se succèdent à un rythme toujours plus rapide. Tout cela se fait non seulement aux dépens de nos vies – tout collègue qui n’est pas surmené, stressé, « surbooké » passe aujourd’hui pour original, aboulique ou paresseux -, mais aussi au détriment de la science. La Fast Science, tout comme le Fast Food, privilégie la quantité sur la qualité.

Nous multiplions les projets de recherche pour tenter de faire vivre nos laboratoires qui, souvent, crient misère. Résultat : à peine avons-nous terminé la mise au point d’un programme et, par mérite ou par chance, obtenu une subvention, que nous devons aussitôt songer à répondre aux prochains appels d’offres, au lieu de nous consacrer entièrement au premier projet.

Parce que les évaluateurs et divers experts sont eux-mêmes toujours pressés, nos CV sont de plus en plus souvent évalués au nombre de lignes (combien de publications, combien de communications, combien de projets ?), phénomène qui induit une obsession de la quantité dans la production scientifique. Résultat : outre l’impossibilité de tout lire, y compris dans les domaines les plus pointus, outre le fait que de très nombreux articles non seulement ne sont jamais cités mais ne sont jamais lus, il devient de plus en plus difficile de repérer la publication ou la communication qui compte vraiment – celle à laquelle le ou la collègue aura consacré tout son temps pendant des mois, parfois pendant des années – parmi les milliers d’articles dupliqués, saucissonnés, reformatés, quand ils ne sont pas plus ou moins « empruntés ».

Cela va de soi, notre offre de formation se doit toujours d’être « innovante », bien évidemment « performante », « structurante » et adaptée à l’ « évolution des métiers », évolution dont on a par ailleurs bien du mal à cerner des contours perpétuellement mouvants. Résultat : dans cette course effrénée à l’ « adaptation », la question des savoirs fondamentaux à transmettre – savoirs qui, par définition, ne peuvent être inscrits que dans la durée – n’est plus à l’ordre du jour. Ce qui compte, c’est d’être dans l’air du temps, et surtout de changer sans cesse pour suivre cet « air » tout aussi changeant.

Si nous acceptons des responsabilités gestionnaires (conseils d’université, direction de départements ou de laboratoires), comme nous sommes tous tenus de le faire au cours d’une carrière universitaire, nous voilà aussitôt contraints de remplir dossier après dossier, en donnant souvent les mêmes informations et les mêmes données statistiques pour la nième fois. Bien plus grave, les effets d’une bureaucratie envahissante et de la réunionite  – ce dernier phénomène permettant de sauver les apparences de la collégialité tout en la vidant généralement de son essence – font que plus personne n’a de temps pour rien : nous devons nous prononcer sur des dossiers reçus le jour même pour une mise en œuvre le lendemain ! Certes, nous caricaturons un peu les choses en écrivant cela, mais nous n’en sommes hélas pas loin.

Cette dégénérescence de nos métiers n’a rien d’inéluctable. Résister à la Fast Science est possible. Nous pouvons promouvoir la Slow Science en donnant la priorité à des valeurs et principes fondamentaux :

  • À l’université, c’est principalement la recherche qui continue à nourrir l’enseignement, malgré les agressions répétées de tous ceux qui rêvent de secondariser en partie cette institution. Il est donc impératif de préserver au moins 50% de notre temps pour cette activité de recherche, qui conditionne la qualité de tout le reste. Très concrètement, cela implique le refus de toute tâche qui empiéterait sur ces 50%.
  • Chercher et publier en privilégiant la qualité demandent que chacun puisse se consacrer exclusivement à ces tâches pendant un temps suffisamment long. À cette fin, revendiquons le bénéfice de périodes régulières sans charge d’enseignement ou de gestion (un semestre de droit tous les 4 ans par exemple).
  • Cessons de privilégier la quantité dans les CV. Des universités étrangères donnent déjà l’exemple, en limitant à 5 le nombre de publications que peut mentionner un candidat à un poste ou à une promotion (Trimble S.W., 2010, « Reward quality not quantity », Nature, 467:789). Ceci suppose que, de manière collégiale et transparente, nous nous dotions de méthodes et d’outils pour que nos dossiers ne soient plus évalués en fonction du nombre de publications ou de communications, mais en fonction du contenu de celles-ci.
  • Nourri de la recherche, l’enseignement est la mission par excellence des universitaires : il s’agit de transmettre les savoirs acquis. Il faut laisser les enseignants-chercheurs enseigner, en améliorant leurs conditions de travail (combien de temps gaspillé à résoudre des problèmes pratiques et souvent triviaux qui ne relèvent pas de leurs missions ?), en allégeant leurs tâches administratives et en réduisant le temps passé à « monter des maquettes ». Ces fameuses « maquettes », notamment, pourraient se borner à définir le cadre pédagogique propre à la discipline dans l’université considérée, sans qu’il soit nécessaire de changer ce cadre tous les quatre ans (ou cinq ans), comme c’est le cas actuellement.
  • Dans nos tâches de gestion, exigeons tout le temps nécessaire pour étudier les dossiers qui nous sont soumis. Désormais, dans l’intérêt de tous, travaillons uniquement sur les contenus et rejetons cet ersatz de démocratie ou de collégialité qui consiste à voter sur des dossiers que, dans le meilleur des cas, nous n’avons pu que survoler. Rien ne nous oblige à nous soumettre à l’idéologie de l’urgence dont se gargarisent le Ministère et les « gestionnaires responsables ».
  • Plus généralement, il n’est pas inutile de rappeler que notre vie ne s’arrête pas à l’Université et qu’il est nécessaire de garder du temps libre pour nos familles, nos amis, nos loisirs ou… pour le plaisir de ne rien faire.

Si vous êtes d’accord avec ces principes, signez le texte d’appel à la fondation du mouvement Slow Science. Mais, surtout, prenez votre temps avant de décider de le faire ou pas !

 

Joël Candau, 29 octobre 2010 (texte publié le 17 juillet 2011)

 

Pour signer l’appel, cliquez sur ce lien
ou sur « Signez l’appel » dans la colonne latérale.


148 Commentaires

  1. Le Gonidec Marie-Barbara

    Je signe, virtuellement mais sincèrement!

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    • Yannick

      CQFD.
      C’est bon de se retrouver aussi dans ces endroits cher Marie-Barbara. La cause est plus que noble.
      A+
      Yannick

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  2. Goulet Vincent

    Je signe.
    VG.
    Sociologie des médias
    Université de Nancy 2 – Responsable L3 CC Connaissance des Métiers de l’Information
    Centre de Recherche sur les Médiations

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  3. j’ai 63 ans et cela fait longtemps que je refuse de faire de la science positiviste et de la fast science. D’accord je suis tjs MC, HDR depuis 1994 ! et je m’en porte le mieux du monde !! Merci néanmoins de votre mobilisation. Cordialement

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  4. BON Dominique

    Une recherche raisonnable.

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  5. Cet appel est fort bienvenu, notamment car il met clairement en lumière l’ambiguïté du fonctionnement par « projets » obtenus sur appel d’offres. La diffusion de ce mode de fonctionnement (avec l’obligation d’être en permanence prêt à réagir à ces appels de provenance diverse), bien que constituant évidemment une forme de soutien à la recherche, contribue à la vider de son sens. Nous sommes tous confrontés à une accélération absurde qui dénature complètement la vie académique, y compris cette profession qu’est le professorat, devenu en un quart de siècle complètement méconnaissable. Je signe sans hésiter cet appel et encouragerai mes collègues à faire de même.

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  6. De Rivoyre

    pour une fois j’ai le temps et pas besoin de reflechir, à l’ensemble d’un texte, avant de l’approuver. Archi pour

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  7. Eloy Jean-Michel

    … mais oui, au fond, comment avons-nous pu en arriver là ? Le rétablissement du temps, apparemment utopique, c’est une reconquête de qualité de conditions de travail : nous sommes des salariés, en lutte contre un pouvoir économique et politique…

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  8. J’approuve complètement et je diffuserai dans mon UFR (Maths-Info)
    à Bordeaux

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  9. XAVIER LAGARDE

    Pas d’accord sur tout mais d’accord sur la plupart des propositions, spécialement celles privilégiant le qualitatif sur le quantitatif.
    Bien sincèrement,
    Xavier Lagarde
    Professeur de droit privé
    Paris Ouest Nanterre La Défense
    IUF junior (1998/2003)

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  10. Il faut également lutter contre la réduction des doctorats en nombre et en durée, pour de seuls motifs malthusiens d’élitisme y compris social et financier.

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    • tout à fait d’accord avec cela. on forme les futurs chercheurs de demain dans la culture de l’urgence et l’assujettissement complète de la recherche au dogme des projets financés.

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  11. Cette pétition ne va pas assez loin. Il faut demander immédiatement la fin du privilège unique en Europe des chercheurs type CNRS, qui ne font pas ou peu d’enseignement (et qui sont payés en heures supplémentaires quand ils en font !), et leur réaffectation comme enseignants-chercheurs dans les universités et les IEP. Là, ce serait une solution pratique et réaliste au problème de la surcharge des enseignants…

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    • Barbet

      Vous êtes mal renseigné, presque tous mes collègues archéologues au CNRS font des cours, et gratuitement comme moi pendant des années dans un séminaire de recherche que j’avais créé. J’en connais même qui ont été conservateurs de musées bénévoles. Et nous sommes nombreux à aider les doctorants dans leurs recherches.

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    • Monjaret Anne

      Ah bon!
      parce que les enseignants-chercheurs qui font des heures supplémentaires (en plus des heures réglementaires) ne sont pas payées en plus ?

      Pour certaines disciplines, les volumes horaires disponibles à l’université pour les chercheurs du CNRS se font rares… quelles solutions?

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    • bernard JACQ

      Désolé, mais je trouve ce commentaire inepte.
      Demander à ce que tout le monde académique soit enseignant-chercheur (surtout dans les conditions actuelles) est stupide.

      Je rappelle d’abord que nous ne sommes pas les seuls en Europe à avoir un système de type CNRS, même si c’est en France qu’il est le plus développé.
      Ensuite avoir la possibilité d’être chercheur CNRS, INSERM ou enseignant-chercheur est un choix qu’il faut conserver. Beaucoup d’enseignants-chercheurs sont heureux de l’être, heureusement. Et pour ceux qui ont envie de faire une période 100 % recherche, des possibilités de détachement temporaire existent.
      Enfin, une proportion importante des chercheurs fait déjà des cours et gratuitement évidemment car l’université ne paye plus ….
      Et si vous en êtes à comparer les avantages/inconvénients des deux statuts, peut-être pourrait-on parler des primes d’encadrement doctoral que ne touchent pas les chercheurs (qui pourtant encadrent des milliers de thèses) et des salaires des profs comparés à ceux des chercheurs …

      Mais pour aller dans votre sens, je serais à 100% d’accord pour demander à réduire les horaires d’enseignement à 150 h ou moins par exemple. C’est ce que SLR avait demandé et demande toujours. Ca devrait être la revendication première des EC et ca permettrait de créer de l’emploi..

      Cordialement,

      Bernard

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    • Jean-Paul Allouche

      Et pourquoi pas recruter plus de collègues (CNRS et enseignants-chercheurs) et offrir aux enseignants-chercheurs plus de périodes sans enseignement ? Pourquoi toujours ces agressions contre le CNRS au lieu de revendiquer un meilleur statut pour les enseignants-chercheurs ? C’était la réponse qualitative. Il y a aussi une réponse quantitative sous forme d’exercice :

      1) compter le nombre d’enseignants-chercheurs et de CNRS, globalement, puis par discipline

      2) répartir le nombre d’heures total d’enseignement actuel entre l’ensemble des chercheurs et des enseignants-chercheurs (globalement et par discipline)

      3) calculer le « gain » annuel pour chaque enseignant-chercheur (globalement et par discipline)

      4) conclure (globalement et par discipline)

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    • arthur

      malin ça ! et vous ne pensez pas que la « solution pratique et réaliste au problème de la surcharge des enseignants » c’est d’embaucher, plus simplement ? que vous ont fait les chercheurs EPST ? ils n’ont pas la même mission que les MCU c’est tout, il y a de la place pour tous, non ? en plus renseignez vous, l’histoire des heures sup c’est une invention, et les CR ont moins de primes que les MCU (on ne s’en plaint pas)
      en ce qui me concerne je trouve aussi que ce texte ne va pas assez loin: pas un mot sur l’asservissement au privé, au profit, pas un mot sur la LRU, les agences, la RGPP, etc…

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    • Les chercheurs CNRS donnent très souvent des cours à l’université car ils sont contactés par des professeurs et des maîtres de conférence pour apporter à telle ou telle formation une contribution de spécialiste.

      J’ai moi-même donné des cours pendant des années — et continue d’en donner … et souhaite encore en donner pour longtemps. Je me suis fait payer mails de remerciement chaleureux. Un chercheur se confrontant à des étudiants ne peut que tirer bénéfice de cela. Les étudiants peuvent y trouver leur compte également. Si cela ne coûte rien à l’université ou à la formation, c’est encore mieux.

      Personnellement, je suis contre la marchandisation du savoir…

      Cordialement vôtre,
      Filippo Rusconi
      CR CNRS

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    • Immédiarement ne serait pas un peu trop fast ?

      Un chercheur CNRS

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    • J’adore la discussion que ce commentaire à déclenchée. Elle est symtomatique.
      1) Diviser pour mieux régner. Le management vous a bien eus, les gars. Ca finit par se fritter entre chercheurs et enseignants-chercheurs, exactement comme dans les labos, où les premiers ch…ent sur les seconds qui ne font pas assez de recherche à leur goût; et où les seconds haïssent les premiers, qui souvent récupèrent pour leur recherche les meilleurs étudiants que les enseignants on pris 5 ans à former… Ceci pour résumer les 2 arguments principaux que les deux camps se renvoient dans la tronche.
      2) De mon expérience, les chercheurs ne donnent pas cours dans les masters de façon totalement désintéressée. E tout cas, pas ceux de mon labo: ça leur permet de repérer les étudiants prometteurs, ceux qui pisseront de la publi.

      Je suis à 100% pour le mouvement Slow Science dans la mesure où, se réappropriant le travail de recherche et de créativité qui n’aurait jamais dû cesser d’être le leur; au lieu d’exploiter des étudiants en Master recherche, thèse et post-doc pour faire faire leur boulot…

      Signé: un type qui a réussi à passer prof en faisant sa recherche lui-même (je suis le seul de mon espèce dans un labo de 100 personnes).

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  12. Gauthier Delobelle

    Il est loin le temps de la contemplation, du véritable effort et de l’exercice intellectuel, de la spéculation et du voyage dans la maison du langage. Aujourd’hui il faut coller au volapük, aux modèles, aux canons indépassables des abstracts et papers en tout genre. Et pardi, il y a au sein de l’ »Université » bien des défenseurs de cette wiki-pensée.

    J’ai 24 ans et je me suis déjà retiré, après avoir à peine commencé. Marginalisé car j’ai refusé cette course à la médiocrité. On m’avait pourtant dit que tout le monde n’était pas idiot, que la qualité primait. J’étais rassuré, mais bien vite j’ai compris que ce n’était pas une question qui échoyait à l’individu, mais à la société dans son ensemble. Je n’ai pas voulu malgré moi lutter contre ces démons. Pourquoi jouer à un jeu dont on n’accepte pas les règles ? Alors on nous dit pédants, mauvais communicants, ou pas dans la vague, tout simplement, mais qu’importe, je serai un simple professeur du secondaire – avec bonheur, entendez !

    Et puis j’espère quand-même que le vent tournera. Qui sait, peut-être que les vrais historiens, les philosophes, les géographes de demain seront profs en classe prépa? Ils auront une situation stable, un rapport à l’enseignement stimulant, le temps de lire et de réfléchir, de découvrir et d’inventer (autre chose que des concepts branlants). Ce sont eux qui se moqueront avec condescendance des « chercheurs de l’université » comme le font ces derniers avec les journalistes, à qui ils ressemblent souvent, pourtant.

    Et tandis qu’à la Sorbonne, l’ancienne, la vraie, ces entrepreneurs du savoir recevront Obama, tandis qu’ils seront branchés sur le net, les publications, en conférence sur skype et tandis qu’ils parleront sur France 2 du choc des civilisations et de l’Islam dans l’espace public, nous enseignerons !

    Voilà un véritable sujet de science politique et de philosophie, que l’avenir de l’Université ! Les ‘politologues’ préfèrent « analyser » les politiques publiques, et les ‘philosophes’ s’exciter sur le dernier auteur perdu de l’histoire des sciences, car cela est bien plus légitime. Il y a un budget pour cela, oui, car l’on peut en dégager un produit encyclopédique et scientifique à court terme. Une tombe, c’est en pierre, un idée, c’est du vent. Vous trouverez ces publications sur leurs blogs et leurs sites web, d’ailleurs. Attention toutefois au copyright (une simple loi contre la profanation des tombeaux du badinage scientifique).

    Je signe sans beaucoup d’espoir … déjà ! Mais je signe.

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  13. Le Fustec Claude

    Mère célibataire de jumeaux et Maître de Conférences, je SIGNE, avec enthousiasme!

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  14. Nadine Jammet

    Cette course effrénée est la raison pour laquelle je ne postulerai plus à la profession d’enseignant chercheur. J’ai décidé d’opter pour une retraite anticipée qui me donne tout loisir de faire des recherches où et quand je le désire. La précipitation et l’absence de concertation qui ont caractérisé ces dernières années sont contradictoires avec une recherche créatrice et novatrice. La loi du rendement a pourtant prouvé ses limites dans de nombreux domaines… Il semble que les décideurs politiques se livrent à une fuite en avant pour justifier leur propre existence et non pour améliorer la condition de leurs électeurs.
    Je suis agrégée docteur en études anglophones.

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  15. Eleatus

    Très instructif, cet appel. Le texte présente des arguments parfois justes, mais je ne crois pas que prendre beaucoup de temps pour réfléchir signifie au final une recherche de meilleure qualité. Pour certains d’ailleurs, ils en prennent tellement qu’ils finissent par oublier ce qu’ils avaient à dire… Et puis, à lire les commentaires de certains, il y a de quoi être frappé par tant de ressentiment contre l’institution universitaire, et contre les universitaires plus particulièrement. Il y a des règlements de compte assez navrants.

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  16. Vous manquez une marche dans votre tentative d’être en avance sur le passé. Vous devriez lutter pour un mouvement SLOW MIND. Nous pensons trop vite mais la science ne pense pas que je sache.

    Quant à penser trop vite, je n’ai pas vraiment rencontré cette bête en liberté. Mais c’est le vrai danger de demain. La pensée SMS ou TEXTO ou quoi encore? Facebook c’est pas mal: un message d’humeur doit faire 100 signes, ou 200, peu importe. Vive le billet de Robert Escarpit dans Le Monde. On devrait demander au Monde d’en publier une page entière un jour pour commémorer l’ancêtre et le précurseur, que dis-je le prophète, si sa fille Françoise le permet, de la pensée SMS?

    Jacques COULARDEAU

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  17. Grandhomme Virginie

    Je signe.

    Grandhomme Virginie
    Sociologie politique/sociologie de l’engagement.
    Doctorante à l’université de Nantes, membre du CENS.

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  18. Bak Sienkiewicz Monika

    je signe. Monika Bak Sienkiewicz. Doctorante LLHS/SC à l’Université de Grenoble

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  19. Cyril Gavoille

    Oui à la Qualité et à la Slow Science (d’ailleurs comment défendre le contraire). En pratique, comment évaluer la Qualité ? Le mot « évaluer » est-il de trop ?

    IUF Junior,
    Informatique.

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    • Michel Thinon

      L’évaluation doit être faite par des gens compétents dans le domaine des travaux à évaluer. Or, l’évaluation actuelle est généralement le fait d’une poignée de gens qui ne peuvent pas tout savoir et sont souvent incompétents pour juger de la qualité des travaux. D’où le recours à l’audimat de la fast science (le sacro-saint Impact factor) qui laisse le soin à des comités de lecture (souvent de censure) de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Mais ces réviseurs sont aussi loin d’être compétents et surtout impartiaux (le terme anglo-saxon correspondant en fait des arbitres, y aurait-il un combat ? c’est en fait la concurrence, chère à ce monde dominateur). Cela ouvre la porte aux tricheries et favoritismes bien éloignés de l’esprit de la recherche. Le tout chapeauté par les multinationales de l’édition, un business bien rentable avec le comble : les chercheurs qui paient pour être publiés !!! Le contribuable paye les salaires et le coût global de la recherche mais ne peut accéder à l’information qu’au prix fort, en engraissant les actionnaires de ces empires du papier. Une machine bien rodée, qui affaiblit la vraie pensée scientifique car les études épistémologiques montrent que moins de 5 % des publications font avancer la connaissance.

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  20. Muriel Pécastaing-Boissière

    Je signe !!!

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  21. Annyssa Bellal

    Tout à fait d’accord! Belle initiative.
    Je signe!

    Annyssa Bellal,
    Chargée de recherche
    Académie de droit international humanitaire et de droits humains
    Genève

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  22. BECETTI Abdelali

    Je salue vivement cette très belle initiative de Slow science qui témoigne d’un enlisement relativement de plus en plus accru de nos pratiques de recherche dans des formats institutionnels imposés, imposants, « urgentistes », sans aucun égard à la qualité. Une politique de la quantité est de plus en plus vue comme étant la seule norme valorisée et préconisée dans nos universités et ministères respectifs, et par des pouvoirs dont le seul leitmotiv est que les bons chiffres font taire!! (les derniers résultats du bac en Algérie en témoignent!!) Peu de concret et beaucoup de bruit!
    Que des crières plus qualitatifs mûrement réléchis soient légitimés et adoptés face à cette quantitivatisation « fastfoodisante » d’évaluation de nos recherches!

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  23. Cédirc Terzi

    Il n’y a rien à ajouter ni à enlever à votre appel.
    C’est un soulagement de le lire, de le signer et de la diffuser.
    Merci!

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  24. Patrick Rifoé

    Il est difficile de ne pas adhérer.
    Je signe!

    Répondre
  25. Nicholas Stücklin

    c’est génial

    Répondre
  26. Juliette Dalbavie

    Votre texte fait tout simplement du bien. L’Université, l’enseignement et la recherche, on y tient, il est temps de redonner du temps au temps. Je signe.

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  27. Emiliano Ranocchi

    Je signe aussi!

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  28. Merci pour cette initiative. En syntonie avec votre appel, à Taiwan, il y a un mouvement contre les critères d’évaluation SCI (Science Citation Index) et SSCI (Social Sciences Citation Index) de la société américaine Thomson Reuters.

    Initié en décembre 2010, le mouvement a pris une nouvelle ampleur depuis fin mai, avec une campagne de pétition. Ci-dessous un résumé de cette campagne à partir d’un article de Peng Ming-hui, un des leaders de ce mouvement.
     
    Avec pour objectif de renforcer la compétitivité des universitaires taiwanais, le Ministère de l’Education a lancé, en 2003, un système d’évaluation basé sur le nombre de citations d’après la base de données SCI (Science Citation Index, pour les sciences « dures ») et SSCI (Social Science Citation Index, pour les sciences sociales), fondée par la société américaine Thomson Reuters. Cet indice qui fait désormais « autorité » à Taiwan se base principalement sur des critères quantitatifs et positivistes qui ignorent la nature différente entre les sciences « dures » et les sciences sociales et les humanités, rendues de cette façon plus « molles » que jamais. En outre la recherche académique se voit réduite à une compétition de publications et une accumulation d’articles. L’habilitation et la titularisation des maîtres de conférence ou des chargés de recherche, tout comme les fonds de recherche, les subventions et les récompenses universitaires, tout doit passer au crible réducteur des indices SCI et SSCI. Une véritable dictature et une position hégémonique contrôlée on ne sait comment par Thomson Reuters, dont les procédures de qualification sont on ne peut plus opaques.

    La deuxième phase du projet « 50 milliards pour 5 ans », basée en une grande partie sur SCI/SSCI, a favorisé l’achat d’équipements sophistiqués pour certaines universités, ce qui laisse de côté le développement des sciences sociales et des humanités qui ne se soumettent pas encore aux critères réductionnistes de Thomson Reuters. Dans les sciences « dures », si le nombre de citations attribuées aux les publications taiwanaises a bien grimpé, es meilleurs étudiants remportant des concours internationaux, en revanche le niveau des étudiants semble plutôt régresser. Pour une raison assez simple : les professeurs sont obligés de consacrer 70% de leur temps à la recherche, au détriment de la préparation des cours et du temps passé avec les étudiants pour approfondir une explication et développer de nouvelles pistes de réflexion. La « recherche » est ainsi conduite à se répéter dans une logique incestueuse d’auto-citations.

    Cette situation a provoqué une contestation et une campagne de pétition:
    1. Contre l’hégémonie du SSCI: le Ministère de l’Education et le National Science Council doivent réviser l’indice SSCI et élargir le nombre et les catégories des bases de données internationales, recourir à différentes pondérations selon les domaines de recherche.
    2. Respecter la diversité de la recherche. Que le gouvernement reconnaisse la spécificité des sciences sociales et des humanités.
    3. Réviser le système de catégorisation pour les institutions pédagogiques, et ne plus les évaluer uniquement au prisme des indices SCI et SSCI.
     
    Les arguments contre SCI/SSCI:

    1. SCI et SSCI ne collectionnent que les articles en anglais. Le nombre des citations reflète principalement les intérêts pour la technologie, les industries et la société tels qu’ils sont perçus dans le monde anglophone. Cela s’éloigne beaucoup de l’état et des besoins actuels de Taiwan d’une part, et ne rend absolument pas compte du développement réel de la recherche de pointe du monde non-anglophone (l’Allemagne, la France, le Japon, etc.)

    2. L’évaluation selon le nombre de citations a conduit les chercheurs à se focaliser sur des sujets à la mode dans le monde anglosaxon, en ignorant ceux les besoins de Taiwan. La surévaluation du SCI et SSCI ne peut qu’aggraver le divorce croissant entre la recherche universitaire et les entreprises taiwanaises.

    3. Les indices SCI et SSCI sont de nature plus commerciale qu’académique. Et la position hégémonique de Thomson Reuters ne peut qu’accentuer ce problème.

    4. L’évaluation ainsi posée ne peut que conduire à homogénéiser les universités. En outre, les humanités et les arts ne sont par définition pas représentés dans SCI et SSCI, ce qui tend à les disqualifier comme disciplines universitaires, ce qui est une absurdité totale.
    Texte original de Peng Ming-hui: http://memo.cgu.edu.tw/yun-ju/CGUWeb/NCCUEdu2010/20110526/1000526公聽會彭明輝發言稿%20.pdf
    Site de la pétition: http://bgo.tw/eyvsg

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    • Barbet Alix

      J’ajouterai que les sciences humaines resteront toujours « molles » et réfractaires à ces évaluations quantitatives car dans notre domaine, l’archéologie, chacun emploie sa propre langue et les citations anglo-saxonnes ne sont pas majoritaires évidemment. De surcroît nos évaluations se font au mieux par quart de siècles ce qui nous laisse du temps !

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    • LABROUSSE hubert

      très heureux d’apprendre que ce type de mouvement anti-hégémonie industrielo-financiére prend de l’avance chez nos amis de Taiwan.
      Après 40 ans de vie à l’Institut Pasteur à Paris j’ai pu voir de près cette prise de pouvoir de la « cupidité sur l’intelligeance »

      Il est rassurant de savoir que les résistants sont sous toutes les latitudes.
      `merci à Paul ROBIN pour cette information.
      Hubert

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  29. verhasselt

    Oui il faut du temps… pour murir, grandir, rêver, imaginer, intégrer, oser,…
    voici 2 citations qui m’ont plues et qui ne peuvent se réaliser sans la quatrième dimension
    « L’imagination est plus importante que le savoir » (Albert Einstein)
    « On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va » (Christophe Colomb)

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    • Brinat

      La citation d’Einstein est magnifique, mais il est difficile de croire que Christophe Colomb, qui a terminé sa vie persuadé d’avoir trouvé la route des Indes, mais certainement pas un nouveau continent, ait pu prononcer ou écrire la phrase citée. Elle est parfois attribuée à des commentateurs de sa geste.

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  30. Laura Ferilli

    Oh oui! les universitaires sont AUSSI des humains comme les autres et nous sommes donc mortels. La vie est bien courte, ne laissons pas la chance que nous avons de pouvoir penser à, penser sur et penser avec finir de se détruire par la logique productiviste.
    Merci pour avoir donné cette impulsion.

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  31. Emilie Da Lage

    Oui aussi pour du temps pour les étudiants, pour les accueillir et les accompagner dans leurs travaux de recherche, dans leurs questionnements sur leur avenir, dans le murissement d’une écriture propre. Dans votre appel, auquel j’adhère sans réserve, je ne les ai pas vu, pourtant, dans cette question du temps, ils sont centraux: combien de temps peut on passer sérieusement sur une copie, à en discuter avec l’étudiant, quand on a 500 inscrits? Faire que l’université redevienne un vrai choix pour les étudiants de premier cycle, et que la recherche redevienne une source de plaisir partagé avec des étudiants voilà aussi une belle ambition.

    Mauss a tout donné à ses étudiants, cela fait il de lui un mauvais chercheur?
    J’en ai assez de voir l’enseignement décrit comme une « charge », alors que quand on transmet des connaissances et des manières de voir le monde de manière scientifique, on est au coeur de notre mission et parler d’enseignement à l’université n’est pas ouvrir la voie à la secondarisation parcequ’enseigner dans un cadre universitaire c’est bien trés différent d’enseigner dans le secondaire ou même en classe prépa, c’est bien entrainer des étudiants à produire de la connaissance, à savoir prendre de la distance par rapport aux textes, aux documents, et non pas sortir l’entonnoir à gavage. (cela ne veut pas dire mépriser les connaissances et la nécessité d’apprendre et de savoir, au contraire).

    Dans votre appel je rajouterai bien: luttons contre le turbo enseignement, réclamons du temps pour enseigner dans de bonnes conditions, du temps pour échanger sur le fond des recherches et des enseignements avec nos collègues, réclamons des bureaux, des ordinateurs performant sur notre lieu de travail, luttons pour que les BU (qui font souvent un bon travail, mais un peu à côté des formations et des labo) accompagnent mieux nos spécialités. Luttons contre la multiplication des sessions d’examen et la semestrialisation (12 ou 13 semaines!!!!) qui nous force à accélérer.

    Enfin osons dire la vérité: certes la multiplication des taches d’auto promotion (CV animation de nos sites, etc…), des taches administratives ou de gestion pèse lourd dans cette fast sciences/fast enseignement, et qui’il faut d’urgene faire en sorte que la machine administrative se remette au service des missions principales de l’université : la recherche et l’enseignement, et qu’elle ne soit pas qu’une simple instance de contrôle et de frein à l’activité) mais la réalité est aussi que nous ne sommes tout simplement pas assez pour enseigner correctement dans certaines filières, nous croulons sous les heures sup, nos salaires peu reluisant nous poussent par ailleurs à en accepter un peu… d’autant que nous payons nos livres, nos équipements (voire parfois nos participations à des colloques si nous n’y communiquons pas).

    Rouler dans le sens de la pente aujourd’hui (évaluation quantitative de la recherche) nous pousse à négliger les étudiants, à fuir les responsabilités et à laisser le travail à ceux qui n’ont pas le coeur de voir toutes les formations s’écrouler, et qui de fait sont submerger et ne parviennent pas à dégager le temps pour la recherche, il est donc aussi urgent que le partage équitable du travail, l’amélioration du taux d’encadrement soit à l’ordre du jour de nos revendications.

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  32. Raoul Medina

    Belle initiative qui rejoint ma réflexion depuis quelques années.
    J’ajouterai à votre texte que les enseignants-chercheurs doivent se ré-approprier l’Université. Dans la gestion de l’Université, la place de l’enseignant-chercheur a toujours été au niveau décisionnel, l’administration se chargeant de la partie opérationnelle. Depuis quelques années, et votre texte en est l’illustration, les positions changent et l’enseignant-chercheur se retrouve de plus en plus à devoir faire de l’opérationnel.

    Dans certaines Universités, UFR, c’est désormais la queue qui remue le chien. Comment mener une recherche efficace, sereine, lorsque la pression administrative nous impose le rythme et/ou les tâches ?

    Concernant les publications, votre analyse rejoint également l’analyse de la section 27 du CNU dont je suis membre. Cette analyse a d’ailleurs fait l’objet d’une motion qui a été envoyée à l’ensemble des laboratoires informatiques de France. Privilégions la qualité à la quantité. C’est le devoir du directeur de thèse de rappeler ces évidences et de former ses étudiants dans ce sens. Là encore, les enseignants-chercheurs doivent se ré-approprier la recherche.

    Encore tous mes remerciements pour cette initiative que je m’empresse (pour une fois) de signer.

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  33. DESCLES Jean-Pierre

    Je signe.
    Je partage les vues qui sont exprimées par cet appel.

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  34. Je signe, tout en remerciant les initiateurs d’avoir ouvert ce salubre espace de réflexion.

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  35. Michel Arrivé, professeur émérite de linguistique, Paris Ouest Nanterre.

    Je comprends bien les raisons qui ont poussé les auteurs de ce texte – intelligent et pertinent – à en formuler le titre en anglais. L’équivalent français – peut-être pas si facile que ça à trouver – aurait dû cependant être donné. Ça ne m’empêche pas de signer.

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  36. Bonjour
    La plupart des collègues linguistes à qui j’ai transmis cet appel refusent de le signer parce que l’intitulé en est en anglais, et non en français, ce qui en fait un oxymore dépourvu de sens. La science rapide est généralement liée à la suprématie néolibérale anglo-saxonne (Ecole de Chicago, Margaret Thatcher, Ronald Reagan, George Bush Junior…).
    A la réflexion (festina lente !), je trouve qu’ils n’ont pas tort. Pourquoi ne pas appeler à une science lente ?

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  37. Je rejoins le commentaire de Paul Jobin sur la nécessité d’accentuer le mouvement tendant à assainir les méthodes d’évaluation dans le sens de la qualité : assomption du temps indispensable au recul et à la réflexion. C’est le bon sens du « slow » auquel je souscris en signant. Que s’éteigne la génération Duracell des cohortes de lapins publiant et que s’épanouisse celle de l’avancement des sciences tel que le conçurent par exemple les promoteurs du Conservatoire des Arts et Métiers à sa fondation sous la Révolution.
    La mutation des méthodes d’évaluation part de la base, elle s’effectue lentement mais sûrement ; puisse la convergence autour de ce texte en constituer un jalon supplémentaire.

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  38. Fabien Tarrit

    Le lien ne mériterait-il pas d’être entre un accroissement de telles pratiques et la mise en oeuvre de la LRU ?

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  39. D’un seul coup, je me sens moins seul…
    Il n’empêche: un titre bilingue serait la moindre des choses.

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  40. Danielle Leeman

    Je ne suis pas très sûre que le lent et la lenteur soient (linguistiquement) très prisés, hein, réfléchissez: vous aimeriez que l’on parle de vous comme d’un chercheur lent? (Comme d’habitude, au féminin, une « chercheuse lente » est d’un effet encore plus catastrophique, en plus, ça fait pou.) Franchement, est-il réellement concevable de vanter une recherche pour sa lenteur? Vous vous voyez vraiment promu pour votre recherche lente?
    Du coup, l’adjectif anglais présente des avantages – surtout que le slow, ah le slow, de mon temps du moins, c’était là que tout se jouait! Rappelez-vous le « c’est extra » de Léo Ferré…

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    • Danielle Leeman

      Et je vote pour le texte.

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  41. Sílvia Melo-Pfeifer

    D’ac pour la plupart des arguments. Et l’anglais dans le tître me gêne peu, en effet. Il donne une allure caricaturale à tout ce que se passe dans la recherche: il faut faire vite et… en anglais, si l’on veut survivre :)

    Espero que este movimento dê os seus frutos em termos de reflexão: temos todos a ganhar!!!!!

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  42. Olivier Kraif

    Cet appel ne caricature rien : nous nous sommes lentement habitué à un état de fait absurde, où nous nous épuisons en activités bureaucratiques, inutiles, et vides de sens. Combien de projets sont remisés au placard avant même d’avoir porté leur fruit ? Si nous étions amenés à effectuer une « comptabilité analytique » de notre temps de travail (nos technocrates ministériels adoreraient ça!) il ressortirait que nous passons l’essentiel de notre temps (75%?) à lire et écrire des mails, à nous réunir, et à régler des aspects administratifs… Le temps véritablement consacré à la recherche et à l’enseignement n’est plus qu’un à côté effectué à la va-vite et au dernier moment.
    Cela s’inscrit dans un mouvement global de notre temps : nous savons que nous allons droit dans le mur, et plutôt que de lever le pied, … nous nous précipitons !!! L’instinct grégaire est si fort, qu’il faut beaucoup de force de caractère et de détermination pour y résister…
    Je souscris donc sans hésiter à cet appel, heureux tout de même de constater que je ne suis pas seul à penser ainsi…

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  43. Yves Peysson

    Le temps de la recherche n’est pas celui de la communication. C’est certain. Comme la hiérarchie est l’interface désormais « officielle » entre les chercheurs et/professeurs et le monde extérieur (politiques, médias) il n’est pas étonnant qu’un fossé béant se creuse chaque jour un peu plus entre les exigences du haut liées à une vision productiviste de la science et la réalité quotidienne sur le terrain qui nécessite du temps de réflexion. Bilan, c’est, entre autre, la dictature du facteur H pour les publications au détriment de la qualité. On le constate de manière universelle: les publications sont de plus en plus médiocres en moyenne (où sont passées les valeurs fondatrices de la science pour les referees, n’ont-ils plus le temps ou plus la compétence ?), et extraire un bon papier devient une gageure, ce qui amoindrit terriblement l’influence d’un travail pertinent. La progression de la connaissance qui était déterministe par le passé devient statistique, et on se contente que la moyenne des travaux donne une indication sur une progression acceptable (critères ?). La science devient alors une grande cacophonie. Pas étonnant que les vocations s’écroulent notamment dans les sciences physiques (en plus de la question des salaires), et on finira par ne plus rien y comprendre. L’idéal gestionnaire pour la science devient une référence, et le vrai chercheur quelqu’un qui s’amuse… Bien triste tableau d’une société qui perd la tête.

    Bon, je reprends ma lecture de Zoé Shepard, Absolument débordée, qui montre que cela ne tourne pas bien rond non plus dans les collectivités territoriales…. Au moins on s’amuse !!!!

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  44. bernard JACQ

    Commentaires sur l’appel :

    Je suis à 100 % d’accord avec l’idée de fond de l’appel Slow science et c’est pour cette raison que je l’ai signé, même si la forme qu’il revêt me laisse un peu sur ma faim.

    Je trouve l’appel excellent dans son argumentation et dans le constat que le temps (qui est essentiel aux différentes phases de la recherche) nous manque de plus en plus et qu’il nous faut réagir. Mais je trouve l’appel trop gentillet et beaucoup plus faible dans son aspect revendicatif, à la fois dans les revendications concrètes et aussi dans les moyens à employer pour arriver à leur satisfaction (dont vous ne dites rien).

    Quand vous dites par exemple qu’au moins 50% du temps d’un enseignant-chercheur devrait être consacré à la recherche, beaucoup dans le milieu seront d’accord avec vous (encore que certains enseignants-chercheurs ont choisi de faire peu ou pas de recherche pour se consacrer par exemple totalement à l’enseignement ou aussi à l’insertion professionnelle qui est une nouvelle mission de l’université …. mais c’est une autre question).

    J’espère que cet appel dépassera largement les 10 0000 signatures, mais comment comptez-vous faire ensuite avec ces signatures ?

    En face de vous vous aurez des présidents d’université et/ou un ministère qui vous écouteront peu-être poliment mais n’accèderont pas à ces revendications et ce, pour une raison très simple: ce que vous (nous) demandez(ons) va coûter très cher !!

    Si on veut (et je répète que c’est souhaitable dans la majorité des cas) arriver à 50% de vrai temps de recherche pour les enseignants-chercheurs, il n’y a actuellement que 2 solutions drastiques possibles :
    - soit diminuer fortement le nombre d’étudiants (200 à 300 000 en moins)
    - soit créer plusieurs milliers d’emplois d’enseignants chercheurs et d’IATOSS de haut niveau (titulaires bien sûr !).

    La première solution veut dire instaurer une sélection à l’entrée de l’université (je n’aborderais pas ce débat ….). La seconde, qui aurait ma préférence, est irréaliste (en particulier vu la dette actuelle du pays) sauf s’il y avait un mouvement dur et d’ampleur nationale des enseignants-chercheurs et sauf aussi s’il avait un changement de majorité politique en 2012.

    Donc en résumé, cet appel est nécessaire, sympathique, mais comment faire en sorte d’aller plus loin qu’une signature où on se fait finalement plaisir (et c’est toujours ça …) ?

    Amicalement,

    Bernard Jacq

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  45. Raja Gmir-Ezzine

    Tout à fait d’accord, je signe et le titre en anglais ne me gêne pas.

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  46. Christophe Al-Saleh

    Une fois qu’on aura remis les pendules à l’heure, on pourra peut-être aussi penser à aimer ce qu’on fait, et à trouver ça « fun »… Merci pour cette initiative, c’est cool.

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  47. Aarab Ahmed

    Tout à fait d’accord, en effet, La vie perd tout son sens, son goût et son charme dans cette recherche scientifique frénétique et hystérique.

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  48. Jean-Marc Lévy-Leblond

    Evidemment d’accord, et depuis longtemps.
    Pour une série de propositions allant dans le même sens, voir mon article « Pour une nouvelle politique scientifique », paru dans « Alliage (culture, science, technique) » n°61, décembre 2007, disponible en ligne :
    http://www.tribunes.com/tribune/alliage/61/page3/page3.html

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  49. Pestov

    C’est bien, mais pas réaliste…

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  50. Catherine Morlay

    Je rejoins votre réflexion.
    Refuser le rythme effréné de ce modèle de société que l’on cherche à nous imposer, le « travailler plus pour … », pour quoi au fait ? pour un réel bien-être de tous ?
    Quel est le sens profond du travail ? Pour qui et pour quoi faut-il travailler ?
    Résister à cette pression qui pourrait finir par nous faire oublier le sens même de ce que l’on fait et les raisons vraies qui nous font agir.
    La Vie c’est du Temps.
    Retrouver le Temps.
    Retrouver l’Humain en toute chose.

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  51. de Grave

    L’idée est excellente, mais pourquoi « se poser en s’opposant ». Prendre le temps de bien faire les choses n’est pas être « slow »…

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  52. Abdelhak JEBBAR

    I totally agree; yes to the quality and NO to the quantity. I would just add that the initiative, after attaining its local goals, should be internationalized by means of creating an evidence-based web-portal accessible to researchers looking for professional samples, may be of some former researchers who have based their research on the principle of ‘quality’ though it is usually difficult to evaluate the quality or to base one’s evaluation on the time spent on producing a given research or project. Hopefully the suggested web portal could provide some periodical updated criteria especially for young researchers to follow in producing their papers and research projects.
    I sign

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  53. Aujourd’hui les chercheurs commencent à vivre le rythme des temps moderne de Chaplin, nous sentons tous que nous faisons pas de la recherche avec amour et avec un certain plaisir , mais un travail à la chaine, un travail qui répond aux intérêts des appelles d’offres

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  54. Natacha Marcq

    100% d’accord, et c’est exactement pour ça que je quitte le navire après quelques post-docs: vivre ça au jour le jour ne m’intéresse plus et mes expériences en recherche m’ont plutôt profondément dégoutée de faire de la science à l’heure actuelle. Le temps toujours trop court, l’empilement de papiers servant juste à décorer les CV, le peu d’engouement pour l’enseignement à l’université, l’absence totale de vision à long terme, l’empilement de projets et de tâches administratives diverses, le manque de disponibilité pour collaborer réellement et efficacement, sans parler de la précarité des jeunes chercheurs … J’ai mieux à faire dans ma vie que d’avoir pour but d’accumuler les papiers et les projets, au lieu de mener une vraie réflexion sur ce qui serait utile et pertinent pour la science.

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  55. Guillaume

    Post-doc (depuis 4 ans 1/2), je suis entièrement d’accord avec ce « manifeste », moi qui ai scientifiquement grandi dans cette culture de production quantitative et de l’immédiateté! On doit s’incliner devant la déesse toute puissante: la bibliométrie !
    Malheureusement cette fuite en avant semble une tendance générale de notre société (toujours plus, tout de suite) qui se retrouve dans la recherche et l’enseignement: pas de vision à moyen ou long terme…
    J’approuve totalement la slow science !

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  56. Myriam Valero

    Quel soulagement de lire toutes ces réactions et de ne plus se sentir seule devant cette fuite en avant et ce gâchis!
    Comment refuser cette course aux armements? C’est vraiment un système pervers et difficile à contrer.
    Des idées?

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  57. Sylvie Plane

    Je signe

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  58. Farid Ammar Khodja

    J’ai parcouru la quasi-totalité des commentaires et deux choses m’ont frappé:
    1- Sauf erreur, personne n’a sorti l’argument de la « mondialisation » pour contester les principes affichés par cet appel: par les temps qui courent, cela tient du miracle!
    2- L’appel évite soigneusement de politiser ou d’idéologiser. Cela se comprend: un tel appel doit être consensuel. Les commentaires aussi? Personne ne souhaite évoquer « de quoi la politique actuelle du gouvernement est le nom »?

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  59. Edgar Morin directeur de recherches émerite CNRS

    c’est très juste mais le fast n’est qu’un aspect du problème, l’autre est celui de la connaissance morcelée en fragments non communicants, c’est la domination du reductionnisme et de l disjonction qui rendent incapables non seulement de traiter, mais aussi de concevoir les problemes fondamentaux et globaux. Il faudrait appeler aussi à une science qui relie « complex science »

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    • Edgar Morin directeur de recherches émerite CNRS

      vous modérez les commentaires???

      Répondre
      • admin

        L’auteur d’un commentaire doit avoir au moins un message validé antérieurement. Il s’agit d’un réglage commun de WordPress permettant d’éviter le spamming des espaces de publication.
        Il n’y a pas de « modération » (au sens de « filtrage »), sauf pour les messages délivrés par des robots.

        Répondre
    • PANOFF Jean-Michel

      Entièrement d’accord avec vous,Monsieur Morin, et je pense que nous sommes de plus en plus nombreux à critiquer la domination du réductionnisme. Mais, comme vous le savez, l’Université, dans son fonctionnement actuel, n’a pas les outils pour créer des labos de « science qui relie », de la même manière qu’il n’existe pas de section cnu pour pouvoir évaluer des structures réellement transdisciplinaires ou des carrières construites sur ce type d’activité. Si vous pouviez me donner un peu d’espoir…

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    • Henry- Gambier

      entièrement d’accord il faut aller au-delà dans l’analyse et dans les propositions

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  60. I agree: I sign as well.

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  61. Caterina Zanfi

    Je signe

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  62. Gauchi

    Je ne suis qu’un humble chercheur mais d’accord avec les responsables de l’initiative depuis longtemps !!!

    Bravo, continuez !

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  63. Jean-Paul Allouche

    Je signe bien évidemment en vous remerciant pour cette tentative de fédération des collègues qui ne supportent plus cette nouvelle vision de la « science ».

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  64. bibi azertuyop

    Personnellement, je n’ai plus d’activité rémunérée, au sens d’un travail avec une équipe et des collègues sympathiques et compétents. Je jouis d’un désœuvrement pessimiste et difficile. Ma raison déraille. Ma volonté se perd entre utopie et pragmatisme. Je me dois de m’adapter dans mon isolement relatif et mon doute sursosocialisé. J’erre entre « Les nouvelles de nulle part » de William Morris et le renonciation perverse revendiquée à la critique sociale des philosophes et scientifiques post-modernes. Ars industrialis se propose de diffuser une pétition « slow-science » ; alors que ce sont « no-science » et « stop aux marchandises techno-scientifiques » qui sont un objectif sobre et frugal satisfaisant et qui sont à développer pour en finir avec les corporations des scientifiques, des techniciens, des managers et des gestionnaires du néolibéralisme ré-enchanteur du Capital. Bien sûr, il y eut des penseurs d’un monde dirigé par des ingénieurs et des scientifiques, supposés bienveillants comme furent les saints simoniens, mais il existe toujours une exploitation d’une main d’œuvre de fellahs et de moujiks et d’esclaves salariés qui voient leur terre-mère se dégrader et leur vie partir en quenouille dans une pseudo démocratie de marché et de contrôle social. Si travailler à mi-temps est un objectif souhaitable pour partager le travail, faire œuvre d’art de sa vie, créer, apprendre et connaître la joie, l’amour, l’amitié, la justice, la solidarité, l’écologie de l’esprit et patin couffin tout le toutim ; à quand des scientifiques et des philosophes qui quittent leur corporation et renoncent à polluer ?

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  65. Geslot

    Etant doctorant de philosophie en toute fin de thèse et ägé par rapport à ceux qui espèrent encore que leur doctorat leur apportera quelque avenir et de plus étant aussi enseignant dans un simple lycée, je signe. j’aimerai aussi signaler qu’il serait souhaitable de s’opposer à ces impératifs gestionnaires donc « débiles » qui contraignent les étudiants à ne faire des thèses dont la qualité, vu le temps réduit, ne peut être dépendante que de la qualité des apports des directeurs de thèses. Donc, il est bien évident que la science rapide ne peut être bonne que pour ceux qui veulent en faire l’élément de « marchandage », mais il serait bon aussi d’ajouter qu’elle est surtout nuisible en cela qu’elle fait des « individus chercheurs » jetables, en tous les sens du terme.

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  66. alcofribas nasier

    Et si au lieu de demander de la Slow Science, on abattait le Système qui n’en veut pas.

    Vous les scientifiques qui avez le crédit de la connaissance, de la capacité de raisonnement, pourquoi ne pas demander (puis réaliser) logiquement de changer démocratiquement ce Système de malades avant qu’il ne s’effondre en fascisme ?
    Rien ne va plus dans les monnaies, dans la finance, dans l’économie, la science, l’environnement, .. etc

    Tout craque et vous demandez de changer les effets sans toucher aux causes !

    C’est a-scientifique.
    C’est a-berrant.
    C’est oublier un grand reste de notre société qui vit au jour le jour, baignée de violences …

    Merci de mieux recentrer cet appel par ailleurs compréhensible mais si réducteur …

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    • Sylvain Henry

      Complètement d’accord. Quand je vois le faible nombre de personnes de mon labo qui ont participé aux luttes récentes (retraites, etc.), c’est désespérant… Pour comprendre les causes, lisez Jacques Généreux (« la dissociété »).

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  67. Maxime Forriez

    Jeune docteur en géographie qui cherche à percer, je suis victime de ce système aberrant que je ne peux que condamner à tout point de vue, car lorsque j’ai choisi de devenir chercheur, c’était pour avoir l’opportunité de réfléchir calmement. Il y a encore seulement 10 ans, les sciences humaines n’étaient pas touchées, car la notion de productivité scientifique était un non sens. Aujourd’hui, des lois de plus en plus répressives ont réussi à les faire entrer dans le même mode de fonctionnement que les sciences, ce qui placent clairement les sciences humaines dans une position très délicate, voire intenable sur le moyen et long terme. Par exemple, lire un livre de plus de 500 pages demande au minimum un mois. Ce mois nous ne l’avons plus. On ne lit plus que des articles, ou pire, des articles qui commentent le livre de plus de 500 pages, et qui figent la pensée sur cette critique. Freinons, freinons. Vive l’éloge de la lenteur, car la rapidité, c’est la dictature qui s’installe. Luttons, luttons.

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  68. Maria Teresa Mantoan

    Tout à fait d’accord!!

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  69. É impressionante como a descrição da experiência francesa se assemelha ao que se passa no Brasil e em muitos outros países da América Latina. Do mesmo modo, chama atenção para o fato de como este modelo afeta de modo mais duro as ciências sociais, cuja dimensão experimental tem outra dimensão, sendo muito diferente do que se processa em outros campos de saberes.
    Pour une slow science everywhere.

    José Gondra
    Professor na Universidade do Estado do Rio de Janeiro

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  70. Carlos Bauer

    É preciso desobedecer e criar mecanismos de resistência ao crescente processo de precarização do trabalho docente na atual etapa histórica e senil do capitalismo. A arma da crítica e o inconformismo político e cultural precisam ser exercitados, plenamente, por todos nós. Parabéns pela iniciativa de divulgação do manifesto.

    Carlos Bauer

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  71. Valéria Crespo de Oliveira Lima

    A busca de uma cultura do slowDown é uma realidade na Europa (slow Europe). É importante que se questione a apologia da pressa e da loucura geradas pela globalização. É mais que necessário assumir uma slow attitude, buscar a qualidade do ser e não do ter, retomar os valores essenciais do ser humano. Se comprometer com uma nova ordem de produção científica!

    Répondre
  72. Há muito tempo a pesquisa científica trabalha a favor dos interesses do capitalismo predatório, que visa lucros a qualquer custo. Essa postura acabou por contaminar a pesquisa, a qual usa as mesmas regras desse capitalismo na sua produção científica. Por se posicionar contra essa postura auto-destrutiva, o movimento Slow Science é muito bem-vindo.

    José Esteves Evagelidis, mestre em Educação, Universidade Católica de Santos

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  73. Rose Mary Araujo

    Uma rebeldia necessária para dar um novo direcionamento ao trabalho docente e permitir novos olhares e dimensões a produção do conhecimento científico nos mais diversos campos. Compactuo com o movimento/manifesto.

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  74. Alberto Cipiniuk

    No Brasil o que está em vigor é o modelito da CAPES, que por sua vez se inspirou na USP. É quantitativo e burro, mas na falta de outro ou de outra discussão sobre o que relevante ou qualitativo, tem lá sua importância.
    É preciso que tenhamos clareza ao definir o que é qualidade, caso contrário seremos apropriados pelo esquema de base que é mercantil.

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    • Elena Vinelli

      ¿Y quién dirige la CAPES: un político o un académico de trayectoria?
      Gracias.

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  75. Áurea Regina Guimarães Thomazi

    Je suis tout à fait d’accord et je signe parce que même si j’aime la recherche, nous ne pouvons pas laisser à côté la salle de classe, c’est à dire, nous ne pouvons pas arreter de former nouveaux scientistes, nouveuaux professeurs et nouveaux chercheurs.

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  76. Virgínia Valadares

    Obrigada pela iniciativa. Esta realidade não é apenas francesa. Não somos máquina e não podemos produzir em série.

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  77. ROSELIANE SALEME

    Excelente iniciativa! quando derramam publicações sobre mim, sinto-me mais e mais tolhida, gosto de dar aula, de amadurecer ideias de observar o processo de aprendizagem e aí sim, começar a pensar em descrever essa realidade. A melhor oficina para o pesquisador é a sala de aula! Allons!

    Professora da FATEC-São Sebastião- São Paulo

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  78. Le Guern Philippe

    Je souscris sans réserve à ce appel en faveur de la décélération.
    Malheureusement, ces dernières années, j’ai pu observer à maintes reprises le travail de sape mené par par des collègues qui se disent d’ailleurs souvent de gauche mais affichent des positions très clairement néo-libérales : suspicion jetée sur les « fainéants » (par exemple, ceux qui refusent les tâches administratives de plus en plus importantes qui saturent notre emploi du temps), affichage de liste d’enseignants-chercheurs jugés insuffisamment publiants et mise en concurrence malsaine, systèmes de promotion parfois à la limite du mafieux, en fonction des services rendus et des compromissions acceptées…
    Le pire, c’est de voir des collègues se draper publiquement dans la vertu mais au quotidien accepter les petits arrangements entre amis et pratiquer le cynisme comme règle de conduite…
    Bref, la décélération est souhaitable : je donne des cours depuis dix ans en Angleterre et j’ai trop vu comment les collègues en sciences humaines vivaient dans l’angoisse des évaluations permanentes, de la course à la publication, ce qui les conduit bien souvent à ne plus manipuler que des sources de seconde main, à ne pas faire d’enquêtes de terrain, à pratiquer le recyclage d’arguments routinisés…
    Mais le problème de l’université est loin de se réduire à la question du ralentissement, malheureusement…

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  79. Elena Vinelli

    Los sistemas de evaluación docente/investigador son una carrera contra el tiempo, siendo que el tiempo de la lectura -por ejemplo- no se modifica aunque haya exceso de publicaciones y el bienvenido acceso abierto a ellas. El sistema es perverso, pese a que es dable suponer que aspira a que el docente se actualice (antaño pocos lo hacían); ¿para eso convierte a sus trabajadores científicos en esclavos-administrativos de la producción cuantitativa? ¿Y quiénes “administran” los Organismos de Evaluación: ¿científicos, administrativos o políticos? Deberían ser científicos reconocidos, pero suelen ser cargos bien pagos a cargo de políticos administrativos con escasa producción científica. En fin: no respetan el tiempo del que en verdad investiga. Una de las miles de consecuencias nefastas del sistema cuantitativo es el desmesurado aumento de plagios y autoplagios enmascarados de los académicos: ¿qué les queda por hacer si el sistema los exilia cuando no publican « n » trabajos al año? Pero cuidado: estamos pidiendo que se evalúe la « calidad » (y no la cantidad), sin embargo hay otro problema, no todos los sistemas de evaluación funcionan ni todos los « evaluadores » evalúan: los científicos evaluadores también son evaluados « cuantitativamente ». Entonces el problema no está en el evaluador sino el sistema que convierte la cultura en industria cultural y a evaluadores, docentes e investigadores en presas de la un sistema administrativo abstracto.

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  80. nathalie lamanda

    Je signe

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  81. Michel Thinon

    L’évaluation dont parle Cyril Gavoile doit être faite par des gens compétents dans le domaine des travaux à évaluer. Or, l’évaluation actuelle est généralement le fait d’une poignée de gens qui ne peuvent pas tout savoir et sont souvent incompétents pour juger de la qualité des travaux (ils passent d’ailleurs beaucoup trop de temps dans des réunions de divers comités pour être au fait de ce qui se passe vraiment sur les paillasses). D’où le recours à l’audimat de la fast science (le sacro-saint Impact factor) qui laisse le soin à des comités de lecture (souvent de censure) de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Mais ces réviseurs sont aussi loin d’être compétents et surtout impartiaux (le terme anglo-saxon correspondant en fait des arbitres, y aurait-il un combat ? c’est en fait la concurrence, chère à ce monde dominateur). Cela ouvre la porte aux tricheries et favoritismes bien éloignés de l’esprit de la recherche. Le tout chapeauté par les multinationales de l’édition, un business bien rentable avec le comble : les chercheurs qui paient pour être publiés !!! Le contribuable paye les salaires et le coût global de la recherche mais ne peut accéder à l’information qu’au prix fort, en engraissant les actionnaires de ces empires du papier (et du pdf). Une machine bien rodée, qui affaiblit la vraie pensée scientifique car les études épistémologiques montrent que moins de 5 % des publications font avancer la connaissance.
    J’ai entendu la ministre de la recherche parler d’évaluateurs professionnels ! on croit rêver (ou plutôt faire un cauchemar), sont-ce des encyclopédies sur pattes ou de sinistres calculateurs qui établissent la triste comptabilité du paraître (comme le classement de Changaï).
    J’ai lu dans ces colonnes quelques réactions d’aigreur vis-à-vis des collègues qui sont censés ne faire « que » de la recherche, autrement dit glandouiller en attendant la fin du mois. Il ne faut pas se laisser prendre à ce piège de la division, tout le monde a les charges de l’organisme qu’il a choisi. Les universitaires acrimonieux auraient dû postuler pour le CNRS. Les charges d’encadrement des doctorants sont lourdes pour celui qui a le sens de ses responsabilités. Les vrais chercheurs sont des passionnés, habités en permanence par la quête du savoir et ce n’est pas de tout repos, surtout pour les proches.
    En tout cas, l’appel à un retour à cette maîtrise personnelle du processus heuristique qui a fait progresser l’humanité depuis la plus haute antiquité ne peut que réjouir et être approuvé. Cependant le système en place est bien verrouillé, mais on peut toujours espérer.

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  82. SCHEINFEIGEL Maxime

    Je vais signer cet appel même si je ne l’ai pas lu avec suffisamment d’attention aux détails et même si je ne suis pas certaine qu’à partir de là, quelque chose puisse changer. Mais je le signe parce que pas mal des points énumérés me paraissent une description de ce que je constate depuis longtemps (depuis la fameuse réforme « LRU »).

    J’ai le sentiment que l’université est en voie de destruction, que là comme ailleurs dans l’enseignement, c’est la notion même « d’enseignement public » qui est menacée de périr alors que, par un paradoxe hélas malheureux, les universités croulent sous le (trop) grand nombre des étudiants, admis « de plein droit » comme on dit et qui entrent ainsi dans un système terriblement pernicieux qui mène la plupart d’entre eux à la sélection, oui, mais par l’échec.

    Je crois comprendre que désormais l’université est considérée comme une entreprise : si elle fait du fric, Monsieur l’Etat continuera à lui en donner, si elle ne fait pas de fric, qu’elle se débrouille, Monsieur l’Etat se désengage et il appelle cela « autonomie » (cf le dernier décret en la matière, identifiable à un acronyme dont je ne me souviens pas). Autrement dit : « vivent les riches, et que les pauvres aillent se faire voir ailleurs ! »)

    J’ai le sentiment que les enseignants sont de plus en plus victimes aujourd’hui de ce que j’appelle par de vers moi le « harcèlement administratif » (et je sais bien que les administratifs de nos universités, souvent, sont eux-mêmes pareillement concernés par ce « harcèlement » que je ne peux m’empêcher d’assimiler, à tort ou à raison, à un symptôme de la pensée fasciste).

    Un enseignant-chercheur, aujourd’hui, est comme un produit, une marchandise : bien affiché, il est vendeur, mal affiché, c’est un boulet.

    J’ai le sentiment que nous tombons, avec les étudiants, avec nos collègues administratifs et techniciens, avec nos dirigeants universitaires dans un bouillon doucement empoisonné. Quel poison ? Il faut du temps et des compétences que je n’ai pas pour répondre à la question.

    etc … etc… etc…

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  83. Georges Lüdi

    Je souscris sans réserve à cette excellente initiative!

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  84. Je vous indique le billet que j’ai consacré sur mon blog à votre appel http://blog.science-infuse.fr/post/Slow-science
    Prenez le temps de la lecture !

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  85. Je signe! Je suis totallement contre tout les types de « fast » quelque chose, plutôt quand le sujêt est la science! Comment peut-on demander aux étudiants qu´ils étudient pour savoir et pas seulement pour les notes, quand nous, leurs profes, nous sommes toujours pour la quantité et pas pour la qualité de nos recherches?

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  86. DE TERSSAC

    je considère qu’il y a un détournement de métier dont nous sommes complices: nous sommes à l université pour créer et valider des connaissances nouvelles, faire bouger les manières de penser et enrichir le stock des connaissances qui seront transmises ensuite; notre autonomie est dans cette création et s’échange contre des heures de cours et des responsabilités institutionnelles; le plus dur est que nous sommes prescripteurs de nos actions et en ce cas on subit celles que l’organisation bureaucratique nous impose. Résistons, c’est notre responsabilité et notre devoir
    de terssac , sociologue

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  87. Diogo Roiz

    É uma bela iniciativa esta de indicar a forma pela qual a ciência vem se tornando uma camisa de força a favor do capital, impedindo o desenvolvimento senão plenamente autônomo do intelecto e de projetos alternativos ao sistema hegemônico, ao mesmo que se faça numa maior possibilidade de rebeldia, que torne a ação dialética um motor fundamental para a elaboração de reflexões sobre o nosso presente. Nesse sentido, deveriam-se reproduzir e se propagar cada vez mais iniciativas como essa, demonstrando a importância da ciência, praticada a favor da humanidade (e não contra ela), numa constante dialética com o meio que lhe deu forma e subsidios, de modo a tornar a rebeldia intelectual, um manifesto a favor do humanismo, da consciência e das massas.
    Diogo da Silva Roiz (UEMS)

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  88. Brinat

    Merci pour cet appel, et, chers linguistes qui hésitez à le signer, craignez-vous aussi le « slow food » italien, tellement savoureux? Ce n’est pas la même chose d’utiliser ce terme en rappel à ses autres usages connus et significatifs, que d’utiliser des termes en anglais lorsque cela n’apporte rien.

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  89. Une juste mise au point. Il est grand temps de faire moins et mieux. L’accélération de l’activité humaine favorise une recrudescence de la superficialité, de l’artifice et de la médiocrité. Le temps est une nécessité absolue pour amener à une réflexion plus profonde et à un regain de spiritualité.

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  90. Lestage Philippe

    Je partage tout à fait l’analyse de Slow Science, enrichie des commentaires d’Edgar Morin. Avancer dans la compréhension de la complexité des phénomènes. En évitant le réductionnisme des savoirs fragmentés… et du management technocratique de la recherche…
    P. Lestage, Mcf en psychologie

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  91. Jean-François Brunet

    Il y a d’excellentes remarques dans cet appel, mais c’est à mon sens une énorme erreur politique que de le conclure sur une éloge du farniente. Le débat sur la place du travail et du temps libre dans la vie sociale est légitime mais ne gagne rien à être lancé ou relancé dans un cadre corporatiste.

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  92. Bertrand Oblomoff

    Le groupe Oblomoff prône le droit à la paresse pour les chercheurs depuis 2006, dans une perspective un peu différente de la votre.

    Voir la plateforme du groupe ci-dessus:

    http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/Plateforme.pdf

    Et le livre « Un futur sans avenir, Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique », éd. L’Echappée, 2009.

    Bonnes lectures

    B. Oblomoff

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  93. Cássio Eduardo Viana Hissa

    Mais vagar: mais leitura, reflexão, diálogo; mais criação que valha a pena, e que não seja lixo impresso ou eletrônico.

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  94. Pour sur !

    Merci de rappeler au travers de l’exemple des projets scientifiques que le temps humain n’est pas et ne sera jamais le temps machine.

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  95. Romain

    Non mais sérieusement c’est mignon tout ça mais on a juste un pays au bord du gouffre et une Europe sur le point de s’effondrer et vous demandez plus de temps pour lire des CV ?

    Non mais faut arrêter là…

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    • AlexiS

      Il me semble justement que, si le pays en est là, au bord du gouffre, c’est parce qu’il y a trop de gens qui acceptent de faire leur boulot n’importe comment, en se souciant plus de la quantité que de la qualité… Je veux parler des banquiers (qui vénèrent la bourse, déesse de l’argent virtuel, au détriment de l’économie), des industriels (qui pensent plus aux actionnaires qu’aux clients ou aux employés), les gouvernements (qui promettent de réguler tout cela mais qui ne font rien), etc.

      Il est vraiment temps de dire « Stop ! », et de revenir à des valeurs plus raisonnables. De la même façon qu’il ne sert à rien de vivre en société si c’est en ne pensant qu’à soi (comme beaucoup semblent le faire)…

      En espérant que les quelques minutes passées à lire cet appel, et les commentaires qui suivent, porteront leurs fruits, je vous souhaite une bonne réflexion.

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  96. En tant que chercheur du CNRS, j’apprécie à sa juste valeur tout l’intérêt de la liberté et de l’indépendance de la recherche, tant pour la créativité que pour la fécondité scientifique …

    Science avec conscience n’est que bonheur de l’âme.

    Le temps protège aussi la science des appétits de la finance

    Tout comme les bonnes choses, prenons-le donc sans répit
    et, tout comme le Parme , bonnifions avec soin …

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  97. Emmanuel Chalignė

    Je signe.

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  98. Mille fois pour car convaincu depuis longtemps. Mais il y a plus et peut-être plus grave: cette fast science toujours à la poursuite du vite-fait bien fait dans les thématiques à la mode est superficielle et médiocre. Gérée et évaluée selon les principes technocratiques et simplistes des manageurs, elle produit une science spectacle et spectaculaire, souvent dénuée de concepts, régulièrement polluée d’ignorances et de contradictions. Cette science « magique » nuit à l’avancée de la science et repousse ses adeptes dans les recoins les plus obscurs quant elle ne les dépouille pas de leurs moyens… Au secours !

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  99. Benjamin

    Les universitaires ne sont pas tous des gandhi. Aujourd’hui, appliquer vraiment les différents points proposés, c’est juste un coup à être exclus ou se mettre à dos une partie des collègues.

    Pouvoir appliquer ce type de politique ne tient pas, à mon avis, d’un mode de travail personnel mais d’une refonte du système, en particulier d’un point essentiel que cet article minimise largement : le financement et les salaires. Dans bien des domaines, si on ne passe pas son temps à monter des projets, on ne peut rien trouver du tout, même en prenant son temps pour chercher. Et si on ne prend pas des responsabilités qui bouffent du temps, on a pas de quoi vivre correctement, surtout dans les grandes villes.

    Il faut retourner aux vraies valeurs de la recherche et de l’enseignement, c’est sûr, mais le faire sans modifier le système me semble vraiment juste un coup d’épée dans l’eau : oui on veut chercher intelligemment, mais on veut des salaires corrects pour nous motiver, et au moins des gens qualifiés pour nous aider à participer aux projets de financement, et que cette tâche deviennent une partie minoritaire de nos emplois du temps, au lieu de remplir nos dimanches.

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  100. Lionel Simonneau

    Dans les années 1970, avec son « An 01″, le dessinateur Gébé, lançait: « Stop! On arrête tout. Et c’est pas triste. » Cette course qu’il dénonçait a été s’accélérant, devenant folle et sans humanité. Dans ce tourbillon où l’on évalue, auto-évalue, en boucle, les êtres, les institutions, les états, nous sommes comme hypnotisés. Cet appel apparaît comme un salutaire sursaut, une intelligente prise de conscience pour que la réflexion et l’action soit avec la liberté, le temps qu’il faut, le plaisir retrouvé de créer, de communiquer sereinement: l’humaine et véritable excellence, celle qui survient naturellement, sans besoin de la nommer et de la convoquer en permanence comme une incantation.

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  101. May Balabane

    Je prends du temps ce matin pour vous dire que j’adhère avec enthousiasme aux termes de votre appel. Petite réflexion : ce serait pas plutôt slow research que slow science? Parce qu’il s’agit bien de prendre du temps pour faire de la recherche et si ça se trouve en faisant de la recherche plus lentement la science pourrait aller plus vite ou autrement…

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    • Mahomed Bamba

      … »plutôt slow research que slow science? » Merci May pour la nuance et la précision.

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  102. From a speach I gave September, 22, 2011 for Amsterdam University College, a collaboration between the University of Amsterdam and the Free University of Amsterdam:

    ‘I want to take this opportunity for a cri du coeur. It is about fastness and slowness in education. The characteristic thing about a McDonalds restaurant is that it produces so-called fast food, the production process is directed at speed, high speed. This may be practical if you need a quick snack. But in education, that kind of speed is disastrous. I want to stress here, in the brief few minutes given to me, at high speed, the sheer importance of time in the process of education. Whether we like it or not, we have to offer the minds of our students the time to assess, select, check, transform, regroup, compare and evaluate all those new ideas that we confront them with. Processing new pieces of knowledge demands a concentrated mind, it demands calm contemplation. We offer knowledge that you have to attentively taste and chew on, in order to make it swallowable, digestable. New theories have to slowly sink in, so to speak. The students have to carefully observe those new ideas from different angles, they have to reflect upon the question how the new things they learn from us are related to the older knowledge that they acquired earlier on in life. New knowledge networks have to slowly emerge inside their brains. But that just takes time.
    AUC has chosen the right track, they offer full semesters, 15 weeks of intense education. But in UvA and also in the Universities of Utrecht and Leiden and maybe elsewhere, the professors now have to queeze their material into a four week course, with only three weeks devoted to actual teaching or into an eight week course, with only six weeks reserved for lectures and seminars. The last three weeks now, I have been hastily, breathlessly speed lecturing to enable my first years students to reproduce complicated theories in an exam that takes place before the end of october. But the university is not a McDonalds restaurant, where one of the aims is to get rid of the customers as quickly as possible.
    If this process goes on, UCU, AUC and some other top notch universities will automatically turn into the high-end, slow-food, three-stars restaurants within the Dutch university system. But such a stratification process would be bad news for the academic community as a whole. Let’s propagate slow science, slow research and slow education throughout the whole Dutch university system. Our students deserve it. And we, their teachers, we deserve it too.’

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  103. Véronique

    Oui au ralentissement, de tout. Alors peut être aussi pourrons nous prendre le temps de repenser la place de la technique dans ce monde.
    De la recherche même lente pour qui, pour quoi ? Lire les livres de Jacques Ellul : Le Bluff technologique, la Société Technicienne… (ils ont été réédités il y a peu).
    Enseigner lentement oui, mais quoi ? Quand le chercheur s’éloigne tellement de la nature qu’il est incapable de se nourrir lui-même, qu’il ne sait pas faire grand chose de ses 10 doigts, il est comme beaucoup d’autres totalement aliéné à un système. Il est grand temps que ce chercheur là prenne le temps d’observer où tout ce chemin aboutit et qu’il fasse un pas de côté…

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  104. André Pires

    Je suis professeur-chercheur en musique, dans l’Université Fédérale de Juiz de Fora, Brésil. La situation chez nous n’est pas très différente de celle décrite par M.Joël Candau. Si ce manifeste ne réussira pas à changer l’état de choses à l’université, ou à faire tomber la dictature de la fast science et de la ‘quantité’, il jouera (il joue déjà) au minimum le rôle d’un cri de révolte et de conscience. À ce cri collectif j’ajoute le mien. Bravo, M.Candau!
    André Pires

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  105. Elizabeth Harkot de La Taille

    Je signe!

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  106. Emília Amaral

    Je signe

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  107. Jarbas Bonetti

    Complètement d’accord. Bravo!
    Je signe…

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  108. Nicolas Zurita

    je suis d´accord!

    Répondre
  109. Vivemos essa pressão no Brasil, especialmente na periferia dos grandes centros de pesquisa; numa concorrência feroz com as instituições hegemônicas. As consequências desse processo são profundas e avassaladoras, concorrendo para uma verdadeira erosão do pensamento e do conhecimento. Pesquisadores submetidos a um regime de estresse absurdo disputando capitais simbólicos escassos e controlados por poucos (e por grupos de influência de base elitista, afetiva e pessoal). Uma disputa desumanizadora que arruína a subjetividade. Longe de ser uma meritocracia – tão propalada – testemunhamos relações de poder de fundo feudal e escolástico, invocando um produtivismo pseudo-racionalista.
    Apoio integralmente o Manifesto! Parabéns pela iniciativa!

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  110. Luiz Carlos Soares

    Slow science, slow food, slow drinking and a better and longer life.

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  111. Ilnar de Sousa

    Concordo, apoio e assino o manifesto/movimento!

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  112. Dax Moraes

    Moi, je suis bien d’accord et je vous laisse le mien. Je pense qu’il est cependant la fatalité de notre temps, quelque chose à penser véritablement au delà de l’accord, de toute signature.

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  113. Dax Moraes

    Moi, je suis bien d’accord et je vous laisse le mien. Je pense qu’il est cependant la fatalité de notre temps, quelque chose à penser véritablement au delà de l’accord, de toute signature possible.

    Répondre
  114. Sobre as rochas não é possível fazer hermenêutica… Mas sobre os humanos sim. POr uma ciência com respeito pela complexidade. Ricardo Vieira, Antropólogo.

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  115. LEITE, Lucimara

    Je suis d’accord. Concordo plenamente.

    Répondre
  116. Concordo com este manifesto.
    Faz muito tempo que refuto este faz de conta do fazer ciência.
    ‘Cela fait longtemps que je refuse de faire de la science positiviste et de la fast science’.

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  117. je suis d’accord.

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  118. Serge Dufoulon

    Il est vrai qu’étant mortel le temps nous est compté… Accélérer la pensée et partir sans avoir pu se désaltérer dans les paysages de la science…

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  119. Marcelo Oliveira

    Belle initiative. Pourvu que cela aboutisse! Je la signe volontiers.

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  120. MANUEL ROLANDO BERRÍOS - UNESP, RIO CLARO, BRÉSIL

    Il est malheureux de constater que la tendance à exiger le productivisme, traduits en indices de quantité et non la qualité, est un problème non seulement au Brésil mais dans le monde entier, provenant de la mondialisation et en maximisant le rendement que le capitalisme cherche à imposer sa reproduction. Dans les universités d’Etat de São Paulo, en plus d’être nécessaire pour répondre aux activités traditionnelles de recherche, d’enseignement et de vulgarisation, a été ajouté l’obligation de poursuivre des postes de gestion et de recueillir des fonds pour nos unités, des devoirs que tous n’ont pas le temps ou les compétences à remplir. L’exigence de la productivité implique une pression pour produire indépendamment de la qualité, nous sommes évalués chaque année et tous les trois ans par plus de 100 articles ou des points dans les cinq domaines mentionnés ci-dessus et si nous ne parvenons pas les niveaux minimaux, nous nous exposons à être «inutile» dans laquelle les salaires sean réduits et d’autres « peines de l’enfer »

    Il est malheureux de constater que la tendance à exiger le productivisme, traduits en indices de quantité et non la qualité, est un problème non seulement au Brésil mais dans le monde entier, provenant de la mondialisation et en maximisant le rendement que le capitalisme cherche à imposer sa reproduction. Dans les universités d’Etat de São Paulo, en plus d’être nécessaire pour répondre aux activités traditionnelles de recherche, d’enseignement et de vulgarisation, a été ajouté l’obligation de poursuivre des postes de gestion et de recueillir des fonds pour nos unités, des devoirs que tous n’ont pas le temps ou les compétences à remplir. L’exigence de la productivité implique une pression pour produire indépendamment de la qualité, nous sommes évalués chaque année et tous les trois ans par plus de 100 articles ou des points dans les cinq domaines mentionnés ci-dessus et si nous ne parvenons pas les niveaux minimaux, nous nous exposons à être «inutile» dans laquelle les salaires sean réduits et d’autres « peines de l’enfer »

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  121. A critica deveria ser um meio dealético e de aperfeiçoamento contínuo. E a Ciência deveria ser um meio critico e democrático de se constribuir com o aperfeiçoamento da civilização e da humanidade. Mas, via de regra, não é disto que a Ciência trata… Os ditos cientistas, em geral, se preocupam em fazer lucros e ganhar dinheiro, mesmo que seja com tanta publicidade e com muita propaganda fraudulenta…

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  122. à vous BonTout

    Einstein avait soulevé l’idée que qui voulait devenir un théoricien de haut niveau devrait se faire ‘’gardien de phare’’. Et ceci afin de fuir la compétition et tous les à-côtés … du ‘’milieu …’’ dit scientifique.
    40 ans …
    Une quarantaine … c’est l’écart -en tous les sens du terme- le temps mis par son auteur (votre serviteur) pour approfondir une ‘’découverte’’ faite en tant que HQI testé, reconnu et à l’époque sorte de gardien de … phare, soumettre son idée « lumineuse » à plusieurs universitaires …, et enfin oser -maladroitement et pour cause- la rendre publique sur un blog dans l’espace réservé d’une revue de vulgarisation scientifique, Science & Avenir pour ne pas la nommer.
    Euh ! Oui ! Mais se mouvoir sur du Slow plutôt que sur du Rock quand l’esprit va -vu qu’il la compose …- plus vite que la musique : Dur ! Dur ! Latente dure.
    Mais c’est fait et avec vous je signe.
    M&a J.

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  123. Mark

    Je suis entièrement d’accord. Je ne sais pas si une pétition comme cela puisse bouger des choses, car l’économie 24/24 et ‘entrer des millions sans réfléchir’ sont apparemment devenus plus fort que la valeur et la satisfaction d’un nouveau invention qui est vraiment réfléchit et utile!! Mais bon, on continue de pousser dans le sens qu’on estime bien. Avec une peut de diplomatie on peut arriver a des choses surprenant quand meme, même dans la situation actuelle. J’essaie de rester positif et garde mon nez dans le bon direction.

    Mark
    CEA

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  124. Denise Mafra Gonçalves

    Je suis entièrement d’accord.
    Il faut arreter la dromocracie sur la pensée.
    Denise Mafra Gonçalves
    Brasil

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  125. François Bonhomme

    Bonjour,

    Voici un débat intéressant, qui a manifestement suscité un intérêt assez vif au début, mais on a maintenant l’impression que le soufflé est en train de retomber.
    Qu’est-il advenu de cette initiative ? Ses promoteurs sont-ils encore sur la brèche ? Ont-ils l’intention de faire une synthèse visible qui permette au débat de rebondir ?
    Ca serait dommage que les choses en restent-là…
    crdlmt

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